1997

par Thierry DE LAROCHELAMBERT

Grégoire BLANC, ingénieur ESIGETEL

Je peux affirmer aujourd’hui que mon passage en classe prépa ATS a joué un rôle décisif dans mon parcours d’études.

Mes années de troisième et seconde furent les meilleures de mon cursus au collège et lycée.
Après une terminale C peu brillante, je me suis engagé dans une formation de DUT Informatique (à l’IUT d’Illkirch-Graffenstaden). Là non plus les résultats n’étaient pas à la hauteur, cependant un stage de deux mois dans une université en Angleterre m’a beaucoup apporté sur les plans technique, linguistique et relationnel. Mais, faute d’un classement suffisant, la prépa ATS devenait ma seule possibilité de continuer mes études.
En ne fournissant pas les efforts adéquats, je ne réalisais pas que je fermais des portes à mon avenir. Je crois que cela est caractéristique de beaucoup de jeunes qui n’arrivent pas à garder les pieds sur terre alors que leurs études supérieures constituent une période clé pour leur future situation professionnelle.

Lorsque je suis rentré en prépa ATS, le challenge était de taille : acquérir le bagage scientifique et technique nécessaire aux futures études d’ingénieur en à peine un an. Et c’est là que l’enseignement et l’accompagnement des professeurs responsables de cette CPGE prennent tout leur sens : la pédagogie et la stimulation intellectuelle en continu sur un groupe restreint d’élèves permet de leur faire découvrir qu’ils ne sont pas là pour rien, et de loin. Ils comprennent au fur et à mesure qu’ils peuvent largement dépasser leur champ de connaissances, acquérir des méthodes de raisonnement efficaces, changer leur vision du monde, et surtout envisager d’aller plus loin dans leur formation.

Personnellement, cette année là j’ai compris qu’il ne faut pas sous-estimer ses capacités et qu’en se donnant les moyens de progresser, on s’ouvre l’horizon des possibles.
Bien sûr la prépa ATS fut une année difficile que ce soit physiquement ou moralement. Cet effort m’a permis d’être reçu au concours d’admission de l’ESIGETEL (www.esigetel.fr), école d’ingénieur spécialisée dans les métiers de l’informatique et des télécoms.

En troisième année je me suis spécialisé dans les systèmes et applications répartis. Les processus métier d’aujourd’hui requièrent des outils de traitement de l’information qui sachent s’affranchir de l’hétérogénéité tant géographique et que logicielle des systèmes utilisés dans les entreprises. Pour ce faire les applications dites réparties jouent un rôle majeure.
J’ai toujours été fasciné par l’association de l’artistique et du technique, c’est pourquoi j’ai commencé ma vie professionnelle en rejoignant un studio de développement de jeux vidéo (http://fr.wikipedia.org/wiki/No_Clich%C3%A9).
Une équipe de conception de programmes de divertissement est, en général, composée de graphistes, de compositeurs, de level designer, de scénaristes et bien sûr de programmeurs. En résumé toute une série de métiers spécialisés propres à cette industrie. Comme les simulations des jeux vidéo deviennent progressivement plus réalistes, et donc plus sophistiquées, les sociétés de développement recherchent de plus en plus d’ingénieurs en informatique, ayant un haut niveau d’expérience en programmation objet par exemple. Ce métier requière des capacités de raisonnement et d’adaptation élevées car le processus de développement d’un jeu est court comparé à la montagne de travail nécessaire à sa réalisation, il faut aller vite, malgré les difficultés techniques qui surviennent.

Ma tâche consistait d’une part à développer des outils de gestion et de positionnement des sons et ambiances sonores propres à un univers virtuel, tout en tenant compte d’effets physiques courants tels que l’éloignement de la source sonore, son déplacement (effet Doppler-Fizeau), la traversée d’obstacles statiques ou mobiles. Il fallait également pouvoir gérer les transitions subites ou progressives d’ambiance sonore lorsque le joueur passe d’une pièce à l’autre ou lorsqu’un événement imprévu arrive. Ces outils servaient au compositeur de sons et musiques et lui permettaient une simulation directe des effets créés. D’autre part, j’avais en charge la réalisation de l’API de son bas niveau sur la console Sega Dreamcast, une tâche qui consiste à rendre un système embarqué exploitable malgré le manque important d’information et les bugs du système. Il en va souvent ainsi lorsqu’il s’agit de développer un jeu sur une toute nouvelle console. Encore une fois, il s’agit d’aller vite ; en cas d’obstacle insurmontable il faut impérativement trouver des solutions de contournement et bien connaître le système : je pense qu’un ingénieur possède des facultés de raisonnement très utiles dans ce genre de situation.

Mon CDD s’est terminé peu de temps avant que la société ferme, faute de soutien financier de la part du groupe japonais Sega. J’ai retrouvé un emploi très rapidement mais dans un secteur différent. Je ne voulais pas continuer dans l’industrie de l’informatique de loisir que je juge trop instable et dangereux. Je rejoignis donc la société Méthode et Solution Informatique (www.msi-sa.fr), récemment rachetée par le groupe Arkoon Network Security (www.arkoon.net).
La société M.S.I. s’est spécialisée dans la sécurisation du poste de travail chez les grands comptes. La suite logicielle Security BOX® comprend une gamme complète d’outils d’authentification, de chiffrement et de signature qui permet à l’utilisateur de protéger de manière transparente ses données sensibles à tous les niveaux. Lorsque j’ai rejoint cette entreprise, je fus assigné à l’équipe de recherche et développement d’un nouveau module de la Suite : sécuriser les flux réseau du poste de travail grâce aux réseaux privés virtuels (IKE/IPSEC). Depuis lors j’en suis pleinement responsable.

Ma mission actuelle est plurielle : assurer la maintenance des versions existantes, être à l’écoute des besoins des clients et du marché de la sécurité, proposer des évolutions pertinentes pour enrichir le produit, effectuer la recherche technique nécessaire pour concrétiser ces évolutions, assurer un support niveau 3 pour des problèmes très spécifiques à certaines entreprises, etc.

Ici ma spécialisation acquise à l’ESIGETEL joue un rôle étant donné que l’architecture de Security BOX® repose, pour une grande part, sur la technologie Microsoft COM, qui permet à des briques logicielles d’interagir à un haut niveau d’abstraction. Par ailleurs toutes mes connaissances sur les bases de la cryptographie et sur les réseaux me servent bien et se sont bien sûr enrichies.
Il n’y a pas un seul métier d’ingénieur. Les métiers possibles sont très divers. L’ingénieur a des compétences qu’il doit pouvoir adapter et exploiter dans l’environnement bien particulier d’une entreprise donnée. Les particularités de chaque secteur industriel doivent pouvoir être intégrées en deux ou trois ans. Les responsables qui recrutent des ingénieurs savent qu’ils peuvent normalement compter sur ce délai assez court pour pouvoir travailler avec des gens opérationnels, compétents et réactifs.
Aujourd’hui je suis spécialisé dans la sécurité des réseaux et dans les environnements bas niveau propres au système d’exploitation Microsoft Windows. Etant donné le faible effectif de notre société, nous ne pouvons pas être efficace sur toutes les plateformes où la sécurité est très demandée de nos jours. La multiplication des appareils mobiles tels que les smartphones ou les PDAs nous pousse à proposer nos solutions sur ces environnements. Je serai alors certainement amené à coordonner des projets en travaillant avec des sociétés sous-traitantes qui connaissent ces environnements mobiles, de sorte d’intégrer leur savoir-faire technique avec notre technologie de gestion d’identification et d’authentification de la Suite Security BOX®.

Cependant je ne suis pas sûr de rester dans ce domaine d’activité pendant toute ma carrière. En tant qu’ingénieur de formation je me sens suffisament capable de bifurquer vers d’autres domaines techniques ou scientifiques afin d’élargir mon horizon.
Je tiens à remercier toute l’équipe de professeurs de la prépa ATS du lycée Louis-Armand, qui m’ont donné goût au challenge et au dépassement de soi.